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L’auteur suppose que l’absence de recherche économique en Haïti serait causée par la présence des femmes dans le secteur productif de l’économie. La poursuite de connaissances engendre normalement une redéfinition des rôles sociaux chez les sexes, comme on peut le voir dans les sociétés qui lui donnent de l’importance. Les Haïtiennes, qui participent largement à l’économie, seraient bien placées pour mettre ces savoirs en application. L’attention est plutôt concentrée dans les domaines masculins tels que la politique, où se décide le fonctionnement de l’économie et de la vie familiale. L’organisation de ces deux secteurs n’est pas sujette à un changement désirable chez les hommes.
En dépit d’une féminisation de la population étudiante, notamment dans les universités privées haïtiennes au cours des 20 dernières années, le corps académique et administratif reste profondément marqué par une ségrégation sexiste. En se basant sur les modèles développés par Marry et Le Feuvre, on soutient que ce déséquilibre a un fondement sociohistorique qui se manifeste à travers la représentation sociale du genre et les modes de fonctionnement organisationnel. L’enjeu demeure une université haïtienne ancrée dans un dirigisme masculin en absence de toute ouverture à une réforme centrée sur des valeurs d’inclusion, de diversité et d’égalité. En revanche, la présence significative des femmes dans des postes de carrière à l’université servirait de modèle pour les plus jeunes et ouvrirait de nouvelles perspectives académiques à la fois porteuses d’opportunités et favorables à une société inclusive, juste et égalitaire.
La place des femmes en Haïti ne peut être mieux racontée que par une femme haïtienne. Âgée de 55 ans et vivant seule dans une baraque de 4 m x 4 m à la Saline, Germaine raconte son histoire. Elle partage la situation d’au moins 2 000 000 d’Haïtiennes qui vivent en contexte d’extrême pauvreté au sein des zones marginales urbaines et rurales du pays. Ce récit offre une meilleure connaissance de la réalité des Haïtiennes et devrait aider à engendrer des projets répondant aux besoins de la majorité des femmes au sein des secteurs les plus pauvres.
En Haïti, les lois sur les liens familiaux sont influencées par le modèle français qui n’est pas compatible avec les réalités haïtiennes. La majorité de la population crée alors ses propres droits et institutions sur l’alliance et la filiation, ce qui mène à la déresponsabilisation des pères envers leurs femmes et leurs enfants. Depuis, la loi haïtienne a changé en faveur de l'intérêt des enfants et des mères, mais il existe toujours une discrimination face aux enfants non issus du mariage. Aujourd’hui, le projet de loi sur la paternité responsable tente d’offrir une plus grande égalité des droits malgré la situation d'alliance et de filiation. Le processus est long et semble difficile à appliquer dans la réalité haïtienne.
Cette thèse examine la violence basée sur le genre (VBG) en Haïti et la façon dont les organisations locales et internationales l'abordent. Le tremblement de terre de janvier 2010 a été un catalyseur qui a révélé des failles profondes entre les sexes. L’auteure y aborde comment se construit la vulnérabilité des femmes haïtiennes face aux catastrophes et à la VBG. Des entretiens ont été menés avec huit organisations ayant des projets anti-VBG. Il en ressort que s'attaquer aux attitudes culturelles qui sous-tendent les inégalités de genre socialement construites demeure l'élément le plus important pour réduire la violence sexiste.