Cet article examine l’évolution entre 1994 et 2016 de la proportion de mères adolescentes, du taux de fécondité des adolescentes, du nombre moyen d’enfants nés durant l’adolescence (descendance finale adolescente) et de la descendance finale "totale" comparée entre les femmes ayant été mères adolescentes et celles qui ne l’ont pas été. Il explore aussi les profils des mères adolescentes ainsi que les facteurs associés à la fécondité précoce à Haïti. L’étude se base sur l’analyse des données des 5 enquêtes démographiques et de santé que le pays a réalisées entre 1994 et 2016. Elle mobilise à la fois des méthodes descriptives (calculs d’indicateurs, tableaux croisée, analyse en composantes multiples) et une méthode de régression logistique binaire. Les résultats montrent que même si les différents indicateurs de fécondité ont baissé chez les adolescentes, leur baisse demeure moins prononcée que chez les autres femmes. Ils indiquent en outre que ce sont la précocité des relations sexuelles, la précocité de la cohabitation, la mauvaise connaissance du cycle ovulatoire, la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes, la pauvreté et le faible niveau d’instruction qui distinguent les mères adolescentes des autres femmes.
This article examined changes between 1994 and 2016 in the proportion of adolescent mothers, the adolescent fertility rate, the average number of children born during adolescence (total fertility in adolescence) and the total lifetime fertility compared between women who were adolescent mothers and those who were not. It also explored adolescent mothers' profiles and the factors associated with early fertility in Haiti. We based our analysis on data from the five demographic and health surveys that the country conducted between 1994 and 2016. Descriptive methods (indicator calculations, cross-tabulations, multiple component analysis) and a binary logistic regression method were used. The results showed that although the fertility indicators have fallen among adolescents, their decline remains less pronounced than among other women. Furthermore, early sexual intercourse, early cohabitation, poor knowledge of the ovulatory cycle, low use of modern contraceptive methods, poverty and low level of education distinguish adolescent mothers from other women.