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Cette thèse examine la violence basée sur le genre (VBG) en Haïti et la façon dont les organisations locales et internationales l'abordent. Le tremblement de terre de janvier 2010 a été un catalyseur qui a révélé des failles profondes entre les sexes. L’auteure y aborde comment se construit la vulnérabilité des femmes haïtiennes face aux catastrophes et à la VBG. Des entretiens ont été menés avec huit organisations ayant des projets anti-VBG. Il en ressort que s'attaquer aux attitudes culturelles qui sous-tendent les inégalités de genre socialement construites demeure l'élément le plus important pour réduire la violence sexiste.
Les actes de violation des droits humains commis envers les femmes lors du soulèvement politique de 1991 doivent être différenciés de ceux commis envers les hommes. On explique ici que les viols sont des violences spécifiques envers les femmes et qu’ils ne sont pas seulement dus au contexte politique de cette période. Les femmes sont plus vulnérables et nécessitent donc une plus grande protection, non seulement par l’application de lois qui les défendent, mais aussi par un changement des normes sociales. Il ne s’agit donc pas uniquement de renverser le pouvoir politique, mais aussi de remettre en cause la domination masculine ancrée dans les croyances de la société haïtienne.
Pour bien comprendre les forces populaires dans l’État louverturien d’Haïti, il demeure primordial d’analyser les circonstances historiques qui ont permis son édification. Une analyse aussi détaillée permet de comprendre davantage l’indépendance d’Haïti ainsi que la lutte pour la préservation de l’émancipation générale.
Bon nombre des problèmes socioéconomiques clés auxquels les pays des Caraïbes sont confrontés aujourd'hui ont une dimension sexospécifique. Ils incluent la criminalité et la violence, les problèmes de santé reproductive et sexuelle, le faible niveau d'éducation, la structure familiale instable, la pauvreté et les inégalités. Par exemple, la violence domestique est répandue dans la sous-région des Caraïbes et implique, pour la plupart, des hommes comme agresseurs et des femmes comme victimes. Le comportement agressif a été lié à l'incapacité des hommes (en particulier ceux à faible revenu) à répondre aux attentes de la société en matière de réalisation et de subsistance de la famille, ainsi qu'à des modèles de socialisation qui apprennent aux garçons à dominer et aux filles à être soumises.
La prévalence de la violence entre partenaires intimes (VPI) et le statut sérologique (VIH) chez les femmes vivant en Haïti est passée de 25 % en 2006 à 29 % en 2012. Cette thèse examine l'association entre la VPI et le statut sérologique. Les femmes vivant avec le VIH étaient plus susceptibles de signaler des formes plus graves de violences psychologiques et de physiques. Les femmes qui ont subi des formes plus graves de VPI étaient 3,5 fois plus susceptibles d'avoir un statut séropositif par rapport à celles qui n'ont pas subi de VPI sévère. Ces constats conduisent l'auteure à conclure que la sévérité de la VPI chez les femmes haïtiennes devrait être intégrée dans le dépistage de l'admissibilité aux stratégies biomédicales de prévention telles que la prophylaxie préexposition (PrEP).