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Le mouvement féministe continue d’agir en tant que fonction critique permanente contre le sexisme et le machisme présent dans les sociétés. N’empêche qu’il se doit d’ouvrir un nouvel espace afin d’envisager un avenir dans lequel sera éradiquée toute forme de domination Nord-Sud, entre cultures et ethnies différentes, ou riches et pauvres. Selon les auteures, cette vision commence à porter fruits au niveau le plus essentiel, soit la relation entre les hommes et les femmes.
L’occupation américaine en Haïti a permis aux femmes de protester contre l’organisation patriarcale de leur société, notamment avec la création de la Ligue féminine d’action sociale. On explique ici comment la littérature haïtienne change à partir du moment où les femmes y prennent la parole. C’est surtout l’image des femmes dans les œuvres qui diffère chez les auteurs masculins et féminins. L’occupation américaine peut être comparée à celle de l’ONU de 2004 à 2017, où il est possible de voir à travers la littérature la vision des femmes à ce moment précis, une vision qui change et se renouvelle avec le temps.
Le concept d’État fragile, dont on qualifie des pays comme Haïti, est utilisé pour caractériser une instabilité politique. L’auteure argumente que cette forme de classement s’inscrit dans une logique colonialiste où les états dits fragiles seraient simplement défectueux par rapport au modèle libéral démocratique occidental. Le féminisme décolonial propose une déconstruction de ce genre de termes issus d'idéologies coloniales, ce qui permettrait à ces états d’analyser leur histoire et de penser leur société d'après leur situation singulière.
Partant du féminisme institutionnalisé comme cadre théorique, l’article explore certaines zones d'ombre, notamment en lien avec l'aide post-séisme. Les auteurs abordent la façon dont les féministes ont réussi à se mobiliser et à influencer l'implantation de la Politique d'égalité femmes hommes 2014-2034 (Politique ÉFH) malgré la dynamique post-séisme difficile, qui a fragilisé le pays et marginalisé les organisations de femmes. Ils tentent aussi de comprendre pourquoi la mise en œuvre de la Politique ÉFH s'est avérée limitée. Ils mettent en lumière la force des réseaux féministes et leur capacité à mobiliser les ressources, de même que les contraintes reliées à la mise en œuvre de politiques, notamment les nombreuses contraintes institutionnelles concernant certains enjeux d'intersectionnalité.
L'auteure s’interroge sur les violences faites aux femmes et aux filles en Haïti et propose des moyens mobilisables pour lutter contre elles.