Mouka est un espace documentaire sur le genre et les droits des femmes haïtiennes

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Après la grande mobilisation féministe suivant le départ des Duvalier, de nombreuses militantes, convaincues de la nécessité d’investir les espaces décisionnels de l’État, ont travaillé à la création du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) en 1994. Entretien avec la première titulaire du ministère, Lise Marie Déjean.
Les programmes visant la réduction de la mortalité maternelle ont donné peu de résultats probants en Haïti. Au cœur de ceux-ci, une stratégie d’intervention axée sur la hausse des accouchements en milieu institutionnel où la naturalisation des hiérarchies raciales et sociales reproduit les relations de domination de l’héritage colonial.
La vie en Haïti, comme dans plusieurs pays, est structurée à l’avantage des hommes à plusieurs égards, que ce soit dans la distribution de la pauvreté, du travail ou des autres conditions matérielles de la vie des femmes. Cadres sociodémographique, socioéconomique et sociopolitique.
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Récemment répertoriées

Baranyi, Stephen, Saint Louis, Nancy (2025)
Murphy, Maureen, Paul, Emanuela, Siebert, Sara, Elie, Jean Prosper, Bourassa, Angela, Ovince, Junior, Contreras-Urbina, Manuel, Seager, Jennifer, Ellsberg, Mary (2025)
Vardeman, Ella, Juste, Shelsa, Jacques, Johanne, V, Hitline, Kennelly, Edward, Vandebroek, Ina, Cortés, Yesenia (2026)
Laumonnier, Juliette, Alcouffe, Leslie, Vendittelli, Françoise, Covis, Sabrina, Bernard, Stéphanie, Nacher, Mathieu, Elenga, Narcisse, Osei, Lindsay (2025)

Publications en vedette

Amnistie Internationale (2009)

En 2007, environ 100 000 filles mineures travaillaient comme domestiques en Haïti. Souvent issues de milieux défavorisés, ces jeunes filles se trouvaient dans une situation de dépendance totale les rendant vulnérables aux violences physiques et sexuelles. On estime qu’environ la moitié des viols déclarés concernent des mineures. Déjà marginalisées, la stigmatisation dont elles souffrent les isolent encore plus. Selon Amnistie internationale, il s’agirait d’une forme d’esclavage moderne, où les jeunes filles sont privées de tous leurs droits. En parallèle, une véritable traite des personnes serait organisée à l’intérieur du pays, où les recruteurs visent les familles pauvres et nombreuses en espérant leur soutirer des jeunes filles.

Levers, L. Benedetta Faedi Duramy (2016)

L'auteure analyse la violence sexuelle dans le contexte des conflits présents en Haïti. Elle y examine un thème peu exploré, celui du rôle des survivantes de violences sexuelles en tant qu'elles-mêmes auteures de violences. Elle s'est engagée personnellement avec les femmes victimes-survivantes pour mieux comprendre la menace quotidienne de violence qu'elles subissent ainsi que leurs motivations à participer aux conflits. À la lumière du tremblement de terre de 2010, qui a exacerbé le niveau de risque pour les femmes haïtiennes, l'auteure formule un certain nombre de recommandations qui devraient être mises en œuvre de toute urgence.

Joshi, Manisha, Rahill, Guitele J., Lescano, Celia, Jean, Florence (2014)

Bien que très importante pour la santé publique, la violence sexuelle non conjugale demeure sous-étudiée. Le tremblement de terre de 2010 en Haïti a interagi avec d'autres facteurs structurels pour augmenter la violence sexuelle et le risque de VIH chez les femmes à Cité Soleil. Cette étude analyse le langage des victimes et des auteurs de ces violences en regard des effets sur la santé des victimes. Pour ceci, des groupes de discussion ont été menés avec des professionnel·les de la santé, des intervenant·es associatif·ves et des victimes. Les professionnel·les de la santé semblent privilégier le français ainsi que des modèles explicatifs de la maladie différents de ceux des victimes, pour la plupart créolophones, qui ont fourni des descriptions plus détaillées et plus imagées. La réconciliation de ces différences culturelles entre victimes et professionnel·les pourrait améliorer le dépistage, le diagnostic, le traitement, le suivi ainsi que la pertinence des interventions.

Bureau des Avocats Internationaux, Institute for Justice & Democracy in Haiti et Komisyon Fanm Viktim pou Viktim (2022)

Ce rapport soumis à l’ONU dénonce la gravité des violences basées sur le genre (VBG) en Haïti. Malgré la ratification de conventions internationales telles que la CEDAW et la Convention de Belém do Pará, Haïti ne respecte pas ses obligations de protection envers les femmes et les filles. Selon l’UNICEF (2008), plus de 70% des femmes haïtiennes ont été victimes d’au moins une forme de VBG. Une étude de 2016-2017 révélait que 34% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Les adolescentes sont particulièrement vulnérables : 25% des femmes âgées de 18 à 24 ans ont déclaré avoir été victimes de rapports sexuels non consentis avant 18 ans. En 2020, dans le département de la Grand‘Anse, 126 plaintes pour VBG ont été déposées, mais seulement 46 ont mené à une enquête judiciaire et aucune n’a abouti à un procès. Le système judiciaire est faiblement réactif, discriminatoire et lent. Par exemple, moins de 10% des policiers sont des femmes, malgré une exigence constitutionnelle d’un quota de 30%.

Les femmes sont marginalisées dans la vie politique : elles ne représentent que 3% du Parlement. L'absence de lois modernes criminalisant la violence domestique, le viol conjugal et le harcèlement sexuel aggrave la situation. De plus, il n’existe aucun refuge gouvernemental pour les survivantes, et les soins médicaux d'urgence sont souvent inaccessibles. Afin de renforcer l'accès à la justice, le rapport recommande des réformes législatives conformes aux normes internationales, un meilleur soutien des survivantes, une formation accrue des policiers et magistrats, ainsi que la ratification du Protocole facultatif à la CEDAW.

Côté, Denyse (2014)

L’effort du mouvement féministe haïtien dans la reconstruction du pays a subi des effets pervers des interventions humanitaires, qui se sont plus particulièrement articulés dans les rapports entre groupes féministes, ONGI et OI. Après avoir présenté les résultats préliminaires d’une enquête menée par l'observation directe, l’analyse documentaire, des entrevues qualitatives et des groupes de discussion, on décrit le contexte dans lequel s’inscrit la présence étrangère en Haïti, la présence humanitaire et celle du mouvement féministe haïtien.